Nuit de mai

“Je t’emmènerai en haut du campanile de San Marco, et tu verras combien il y a de jardins, de terrasses, d’altane (les terrasses de bois au dessus des toits) fleuries à Venise ! Certo che questa città è verde. ” Telle était la menace lancée par une vénitienne à un ressortissant de Cortina (un St-Tropez des Dolomites) dans leur lutte à mort pour  l’amour de la verdure, au milieu de la nuit, au café.

Il est un moyen d’éviter de monter en haut de San Marco. Se promener une nuit de mai, lors des premiers jours de chaleur. Délicieux. Si l’on ne voit pas tous les jardins car ils sont le plus souvent cachés (d’où l’intervention du campanile), on en sent tous les parfums, jasmins, cyprès, pins, chèvrefeuille, glycine, la ville de vient une succession de splendides exhalaisons…

et comme qui dirait  : “Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants”, etc etc etc. “Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.”

Et ça, c’est une merveille absolue, car l’été on ne le perçoit pas, la chaleur est trop forte, et l’hiver, bien sûr, les parfums dorment.