A la bonne heure

Jeu : il est sur la photo ci-dessus une anomalie ? Laquelle ?

La voilà pourtant l’heure fabuleuse ! Les villes sont à vous : celle de la calle, celle des canaux. C’est l’heure où l’eau est encore un miroir. Ni gondoles, ni petit bateaux à moteur, de plus en plus nombreux maintenant avec l’été. L’eau est à peine ridée par  les premiers topos, ces barques de transport, qui commencent à arriver, pour décharger les draps des hôtels, et tout le nécessaire à l’hospitalité, livrer les magasins. Au Rialto, les fournisseurs sont déjà arrivés depuis  un certain temps.

C’est l’heure lumineuse où les rares sons se détachent encore nettement.

 

C’est l’heure où, vues des Zattere, les fenêtres de la Fondamenta de la Giudecca flamboient.

C’est l’heure où les mouettes se comportent comme des chiffonniers, à grand renfort de coups de becs et de cris d’intimidation.

C’est l’heure où les travailleurs de la mer prennent un café sur les Fondamente Nove, à la Marittima,  Strada Nuova, ou encore chez Targa.

C’est l’heure où l’on parle vénitien, ukrainien et russe dans la rue.

C’est l’heure des merles chanteurs dans les jardins invisibles.

C’est l’heure où les touristes fatigués par cette ville très physique dorment ; c’est l’heure des corps vigoureux sous la lumière cuivrée.

C’est l’heure où les gueules cassées, habituées du Palais Boldù, prennent un café à San Giovanni e Paolo.

C’est l’heure où l’enfant de Pinault est seul avec son garde à la pointe de la douane.

A 7H00, c’est déjà trop tard. Les flux arrivent, les cafés se remplissent, la valse des capuccio, macchiato, macchiatone a commencé, le trafic devient soutenu dans les canaux, et les oiseaux de l’aube sont noyés par la foule.