joli mois de mai…

C’est le joli mois de mai. Tout le monde rêve de mer ou de campagne au joli mois de mai. Mais de campagne surtout : de fleurs, de prés d’un vert intense, de coquelicots bercés par une légère brise, dans des herbes folles, de treilles, de glycines, de couleurs chatoyantes, de merles chanteurs, de douceurs. Un dimanche à la campagne ; c’est beau comme un tableau impressionniste.  Voilà, Campo San Maurizio  vous propose un dimanche à Torcello. On y trouve tout cela : les coquelicots, les iris, les treilles, les vignes, les herbes folles, les prés, les chèvrefeuilles. Et on y trouve tout cela, au milieu des barènes, ces îlots couverts d’herbes qui affleurent dans la lagune. Plus loin, on aperçoit Burano, son campanile qui penche dangereusement, pour la plus grande joie des amoureux de la physique qui pourront toujours tenter de réfléchir au point de rupture, ses maisons aux couleurs si vives. Tout cela est, diront certains, un peu vide culturellement ? Nous ne parlerons pas de l’ombre tutélaire d’Hemingway qui aimait tant chasser à Torcello ; nous nous contenterons du jugement dernier, avec ses mosaïques vénéto-byzantines, remontant au XIe siècle  et de la Deisis de Santa Maria Assunta, ou encore de la symbolique des paons qui boivent aux fontaines, dans les dalles du jubé. C’est la magie absolue de Torcello  une église, aux mosaïques splendides, perdue au milieu des barènes, pratiquement, juste entourée de quatre, cinq, dix maisons tout au plus sur l’île. Une merveille.