Envie de s’emmitoufler dans un tabarro …

Le tabarro doit son nom à une cape enveloppante très à la mode au XVIIIè à Venise. Dans les tableaux des védutistes vénitiens (Guardi, Longhi, Canaletto), le tabarro, aux couleurs et dimensions variées, est l’habit préféré des classes aisées. Sa diffusion commença à poser des problèmes politiques lorsque le patriciat commença à le préférer à la toge qu’il avait pourtant obligation de revêtir. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, il y eut de nombreux décrets contre le port du tabarro par les nobles,  cependant certains nobles trangressèrent la loi en sortant en tabarro et firent l’objet de dénonciations à l’Inquisition. Tabarro, tricorne et bauta demeurent les symboles de ce splendide siècle vénitien. Avec la chute de la République, tabarro et tricorne disparaissent du costume vénitien pour être remplacés par des manteaux et par les hauts-de-forme.

Le tabarro ne disparut pas complétement et conquit d’autres territoires. Dans les petites villes et les bourgs d’Italie, il devint le vêtement des gentleman farmer. Et simultanément, un tabarro plus simple, moins coûteux, populaire, voit le jour : il s’agit du tabarro des paysans ou des éleveurs, confectionné, en laine bouillie. En drap grossier, le tabarro devient le vêtement idéal pour les travaux quotidiens aux champs : il protège merveilleusement du froid et de la pluie en laissant les bras libres de leurs mouvements. Ces tabarri “rustiques” résistent aux intempéries, leur donnant années après années, une certaine  tenue.

Le tabarro aujourd’hui connaît une nouvelle jeunesse ; depuis quelques décennies, il est assurément de tous les défilés de mode, masculins et féminins. Aujourd’hui, le tabarro est indiscutablement le « manteau » des personnes raffinées… Monica Daniele – www.monicadaniele.com